Crête du Luberon

Date : 03/05/2018  Difficulté : Difficile 
Accompagnateurs : B. Bernard & J-M. Giraud   Coordonnées UTM :
Participants : 9 + 3 Départ :

31T 671658 4856493

Longueur : 16 / 14,7 km Pique Nique : 31T 674401 4852518 
Dénivelée : 750 m Difficulté IBP index : ? / 75 
Carte IGN TOP 25 n° : 3142 OT 
Position par rapport à Buis-les-Baronnies : 50 km sud 

 

Commentaires techniques :

Parking près de l’église, à proximité du camping que nous traverserons au retour. Au point 31T 672203 4855814, nous faisons une infidélité aux GR6® et GR97® confondus, pour suivre un chemin entre bois et vergers qui vient contourner le parc des « Porcs Mangalica » et retrouver les GRs au lieu-dit « Tombereau » sous le village d’Oppède-le-Vieux.

La variante plus facile menée par Bernadette traverse la partie nord d’Oppède et suit les GRs azimut plein sud jusqu’au « Bastidon du Pradon » en coupant la route forestière au point 31T 674395 4852687 (alt. 704m). Nous retrouvons nos amis qui ont remonté le vallon de Combrès, itinéraire plus exigeant physiquement !

Après le déjeuner nous suivons la route forestière à l’ouest jusqu’au poteau « Les Aires de Bédouin »; l’itinéraire nord-ouest, très caillouteux, parcourt la crête jusqu’au sommet des Fourcats. Au point 31T 672269 4853262 (alt. 635m), descente azimut nord puis nord-ouest jusqu’au poteau « La Citerne » (bergerie à proximité).

Petite remontée bien encadrée par les poteaux « Le Pin de Maillet » puis « Le Quillot » qui nous indique notre difficile descente du jour : La Draille de Maubec « des Frères Nouguier».

La pente est de 15 à 55% sur 1,6 km que nous parcourrons tranquillement en 50 mn, dont 530 m entre 30 et 55% franchis en 20 mn (j’ai pris mon temps et des photos !). 

La distance de la variante dite plus facile est de 14,7 km pour une dénivelée de 750 m ; nous avons marché pendant 4h 52mn à une vitesse moyenne de 3 km/h. Si l’on ajoute 2h 54 mn d’arrêts, le temps total de la randonnée est de 7h 46 mn, vitesse moyenne de 1,8 km/h.

La cotation de l’indice d’effort sur le site de la FFRP est de 75, valeur qui caractérise une randonnée moyenne, en ayant toujours pour hypothèse « une préparation physique moyenne ». En revanche, il convient de tenir compte la technicité de la descente qui conditionne aussi la difficulté de la randonnée, et fait qu’elle sera évaluée comme « difficile ». Il est évident que la descente de la draille serait risquée par temps de pluie.

Après cette dissertation sur la cotation …, je me permets de souligner que la proposition de Bernadette et Jean-Marie, certes lointaine de nos habituels terrains de jeux, nous a fait découvrir ou redécouvrir de beaux villages restaurés, un paysage à 360 ° vu de la crête avec l’étang de Berre et les Alpilles à l’horizon, dans une belle ambiance méditerranéenne mêlant les pins, les buis, les cyprès et les rochers escarpés. 

Il y avait même un bistrot ouvert à Maubec !! Merci à nos deux meneurs pour la préparation de cette journée dans le Luberon : deux niveaux de randonnée, pause-déjeuner en commun dans une harmonieuse clairière baignée d’ombre et de soleil, au choix … Le « top » ! 

Georges Thouard. 

Compte-rendu :

 Cette randonnée proposait 2 itinéraires aux 12 participants partis de Buis Les Baronnies vers 7h45 pour un trajet de 75 km les amenant à Maubec, village situé au pied de la ligne de crêtes du Petit Luberon. Deux itinéraires étaient proposés :

• Le 1er itinéraire, mené par B. Bernard accompagnée par 2 autres participants, empruntait le GR pour accéder à la crête avec une pente régulière
• Le 2nd, mené par J.M. Giraud, avec 8 randonneurs, montait sur la crête par le vallon de Combresse, avec une déclivité importante et irrégulière qui mit à rude épreuve les jambes (et le souffle !) de quelques-uns.

La partie commune aux 2 itinéraires de la randonnée nous a fait rencontrer les cochons Mangalica*, surprenants par leur toison laineuse. Au bout de 45 minutes de marche, le groupe est arrivé au village d’Oppéde le vieux** perché sur un contrefort du Luberon et dominant la plaine de Maubec. Les 2 groupes se séparèrent dans le village avant d’attaquer le plat de résistance : La montée sur les crêtes du Petit Luberon.

La montée par le vallon de Combrès, serpentant entre d’imposantes falaises calcaires*** a permis de découvrir quelques cèdres à la hauteur et au diamètre imposants et de nombreux abris sous roches, quelques-uns sommairement aménagés pour des troupeaux ? des randonneurs égarés ?

Une grande partie de la montée se fit sous un couvert forestier dense, ce qui ne nous empêcha pas de transpirer abondamment car la pente était parfois rude. Après 2 heures d’effort soutenus, l’arrivée sur la crête nous dévoila un magnifique panorama, favorisé par un temps très clair : Vers le Nord avec le Mont Ventoux et la chaîne des dentelles de Montmirail, vers le Sud avec les Alpilles en premier plan et derrière, la vue se prolongeant jusqu’à l’étang de Berre. Tout cela nous récompensa largement de nos efforts.

Un timing parfait (les mauvaises langues diront que ce fut un coup de chance !) nous permis de faire la jonction avec le groupe monté par le GR à la cabane pastorale où nous pûmes nous restaurer tranquillement et reprendre des forces.

Le retour vers Maubec se fit en empruntant la ligne de crête, ce qui nous permis de jouir du magnifique paysage, puis nous attaquâmes la descente, parfois sur des cailloux en équilibre instable (heureusement, nous étions prévenus !) et tout le monde arriva sans encombre aux voitures, garées devant la petite église de Maubec.

Encore une fois ce fut une belle randonnée, sous un temps magnifique (quelle chance, au vu des jours précédents !) et avec un splendide panorama. Merci à Jean Marie et Bernadette pour nous avoir fait découvrir une partie du massif du Luberon. 

A la prochaine randonnée !

*Les cochons Mangalica

Cette race de cochons vient de Hongrie et fait partie de la race porcine ibérique. La particularité du cochon Mangalica, c'est son gras (en hongrois, Mangalica ou Mangalitsa signifie "porc avec beaucoup de lard"). Le porc Mangalica vit trois fois plus longtemps qu'une race normale et fabrique une épaisse couche de lard sous son "pelage". La graisse s'infiltre dans toute sa viande et lui donne de belles et délicieuses marbrures. 

** Le village d’Oppéde le vieux

Il serait connu depuis le XI ème siècle et son nom viendrait d’« oppidum ». Des traces d’occupation romaine y ont été trouvées (monnaies, autel au dieu Mercure…). Appartenant aux comtes de Toulouse, Oppéde passe sous l’autorité des papes en 1274. En 1501, le pape Alexandre VI concède la seigneurie d'Oppède à l'Avignonnais Accurse Maynier (ou Meynier), juge-mage de Provence. C'est son fils, Jean Maynier, qui s'illustre dans le massacre des Vaudois du Luberon en 1545, causant le massacre de 3000 personnes, ce qui l'amène à comparaitre en 1551 devant une cour royale à Paris, qui le condamnera à la décapitation. La baronnie d'Oppède changera de nom à partir de la mort de Jean Maynier en 1558 et devint Forbin-Maynier. La baronnie resta en vigueur jusqu'au rattachement du Comtat à la France en 1791. Le château est abandonné vers la fin du XVIIe siècle. Il a été complètement dévasté en 1731 par un puissant séisme (voir plus bas). Au cours du XIXe siècle, découragée par la difficulté des cultures due à une mauvaise exposition au soleil, la population descend vers la plaine et abandonne le village. Après l'armistice de 1940, des artistes viennent se réfugier au vieil Oppède. Parmi eux se trouve Consuelo de Saint Exupéry, l'épouse de l'aviateur Antoine de Saint Exupéry.

*** Le Luberon

L’itinéraire de la randonnée suivait l’anticlinal (bombement) du petit Luberon composé de calcaires et marno calcaires déposés du jurassique supérieur (140 millions d’années) au Crétacé inférieur (80 millions d’années). L’histoire (très résumée) du Luberon :
1. Jurassique – Crétacé inférieur (203 – 96 ma) : Dépôt des calcaires et marno calcaires composant l’armature du Luberon au fond de la mer couvrant la région.
2. Crétacé Supérieur (96 – 65 ma) : Retrait de la mer. Emersion et formation des ocres par altération des sables et grès verts du Crétacé inférieur.
3. Eocène et Oligocène (53 – 23 ma) : Plissement Pyrénéo-Provençal (Comme pour la montagne de La Lance d’axe NW/SE) formant l’anticlinal EW du Luberon et installation de grands lacs avec une vie abondante.
4. Miocène (23 – 5.3 ma) : Nouvelle incursion marine venant du Sud et montant vers le Nord jusqu’au Jura. A 8 ma, soulèvement du Luberon en réponse à la formation des alpes.
Pour compléter une petite discussion avec Michel sur les failles profondes (sous les vallons) : Ces failles existent bien et sont la cause de nombreux et violents tremblements de terre (voir le lien sur les intensités des séismes voir en ".doc").

J.-M. Champanhet

Vous avez trouvé une erreur ou faute de frappe ? Sélectionnez la et appuyez sur Ctrl + Entrée.