Pique-Nique de fin de saison

 

Compte-rendu :

Ils sont venus, ils sont tous là, dès qu'ils ont entendu ce cri, on va manger chez Malbois, hâââ, ils sont venus, ils sont tous là, y'a Virginie du Nord de l'Italie, y'a même Giorgio, Suisse à c'qu'on dit... Quelle belle famille ! On pourrait croire qu'ils ne se sont pas vus depuis bien longtemps. Se retrouvent, en effet, la plupart des « piliers » de l'Association, les as du croquenot, les gros mollets buxois, les chamoisettes baronniennes... Et c'est pour la bonne cause qu'ils se réunissent, la journée de fin d'année, la récompense de 10 mois d'intense activité pédestre : mieux que la garden-party élyséenne, c'est la traditionnelle journée grillades, tant attendue après les kilomètres et les dénivelées avalés sur les chemins des Baronnies, du Ventoux et d'ailleurs. La bonne humeur est donc de mise aujourd'hui au départ de la Place du Quinconce.
Mais, être accueilli par Clément et Marité, cela se mérite ! A peine garés nos véhicules sur le lieu des agapes à Vercoiran, Francis notre Belge préféré, venu du Sud de la Belgique où coule la Duvel (Mais non, il ne s'agit pas d'un cours d'eau mais d'un breuvage ambré et mousseux, à boire néanmoins avec modération !), nous emmène pour une gentille promenade apéritive autour du village, laissant sur place l'équipe chargée de la logistique. Quelques foulées sur le bitume, dans un ordre plus que relatif, et nous attaquons la pente, une belle piste sur laquelle le soleil accepte de nous accompagner. L'ambiance plutôt dissipée incite davantage au bavardage qu'à la performance. Les pluies et orages des derniers jours ont donné au paysage une belle couleur verdoyante, profitons bien de ces dernières enjambées du trimestre dans un cadre tout de douceur et de sérénité : quel régal !... Jean ne perd pas un instant pour compléter son herbier de nouvelles variétés, les genêts forment d'étranges arabesques d'or sur les prairies lumineuses et champs de lavande dont le bleu encore timide bientôt éclatera en raies interminables ondulant sur les courbes voluptueuses des Baronnies (Oh ! Que c'est beau !). Les branches des abricotiers sont lourdes de promesses de fruits sucrés : serions-nous proches du Jardin d'Eden (Il paraît que la pomme qu'ont croquée nos ancêtres Adam et Eve serait un abricot ?).
Cette heureuse déambulation bucolique et légère nous mène à la chapelle Notre-Dame des Champs, simple, modeste et lumineuse au cœur de cette belle vallée de l'Ouvèze. Un arrêt pour profiter de l'environnement et jeter un regard aux sépultures du petit cimetière qui l'entoure, souvent riches d'informations sur la vie des habitants... Un moment d'émotion aussi, car ici reposent un père et trois de ses fils, fusillés par les nazis il y a 70 ans, quelques mois seulement avant la fin du conflit de la Seconde Guerre Mondiale. Quelle leçon l'homme tire-t-il de tels évènements ???... Poursuivons et méditons un peu sur les errements de notre histoire. Le chemin toujours aussi confortable ménage bien nos organismes, aurons-nous dépensé suffisamment de calories pour mériter le repas qui nous attend ? Tiens-donc, serions-nous en retard ? Francis propose un raccourci légèrement pentu longeant les champs d'abricotiers... Allons-y ! Attention, les pluies récentes ont quelque peu rendu le sol glissant et... très collant ! L'exercice, sans être périlleux, est un peu délicat, l'équilibre précaire : pourquoi n'avons-nous pas tous pris nos bâtons, efficaces soutiens en ces circonstances ?
Nous arriverons néanmoins entiers à Vercoiran, juste le temps de décrotter nos semelles alourdies par d'inutiles kilos de glaise. Une plaque à l'entrée du village rappelle la mort héroïque de Pierre des Massues, dit Colonel Mas, Chevalier de l'Ordre de Jérusalem, au Fort de Saint-Elme lors du siège de Malte en 1565 par les Ottomans. Il est vrai que ce petit village connut de nombreuses péripéties au cours de l'histoire qui nous rapporte qu'il fut l'un des fiefs de la Famille des Mévouillon avant d'appartenir aux Montauban puis aux Adhémar puis aux Dauphins de Viennois... Une synthèse, en quelque sorte, de l'histoire des Baronnies. Plus prosaïquement, pour ne rien rater de la beauté des lieux, notre déambulation se poursuit dans les ruelles en calade : à la sortie de Vercoiran, un point de vue sur la superbe vallée nous retient encore, le temps aussi d'entrevoir le domaine de notre ami Gaston, la maison aux volets bleus.
Le chemin nous ramène à la route, que nous allons prendre sur quelques dizaines de mètres, après une discussion avec les artisans qui mettent la dernière main à l'aménagement d'une épicerie-buvette multiservices qui sera bientôt ouverte pour le plus grand bien des habitants et des usagers de cette route touristique. Passons l'Ouvèze sur le pont qui conduit au Hameau du Moulin. Un petit effort pour grimper la côte avant de redescendre le long des prés où quelques cerisiers bien garnis nous tenteraient bien : gare au chapardage !... Passons vite ! La file des marcheurs s'allonge, visiblement l'énergie n'est pas notre qualité essentielle aujourd'hui. Il nous faudra un temps d'arrêt pour assurer le regroupement un peu plus loin, car Francis nous a prévenus qu'il faudra retraverser la rivière... à pied ! Et le cours de l'Ouvèze a pris du volume suite aux récents orages qui se sont abattus sur les Baronnies.
Nous y voilà ! Sur l'autre rive quelques spectateurs semblent jubiler d'avance du spectacle qu'ils espèrent immortaliser pour les archives photo de Randouvèze ! Ils auront eu, tout de même, la délicatesse (ou la prudence) de tendre une corde pour assurer notre passage. Chacun réfléchit à sa méthode : avec ou sans chaussures ? Jusqu'où ira le flot impétueux ? Les petits semblent plus inquiets... Finalement, il semblerait bien qu'on ait un peu dramatisé l'épreuve pour corser le spectacle. En tout cas, aucun tee-shirt mouillé ne viendra mettre l'étincelle égrillarde dans le regard de nos collègues qui, fort courtoisement, nous proposeront des serviettes pour nous sécher.
A partir de maintenant, place aux réjouissances ! Rien ne manquera pour que cette journée soit une réussite... Plaisir des retrouvailles... Apéritif, amuse-bouches... Discours du Président !... Et les grillades tant attendues, amoureusement surveillées et servies par une équipe de sympathiques et efficaces Randouvéziennes (bien encadrées par les maîtres-queux Claude et Clément)... Fromages de chèvres... Tarte aux mirabelles (Hmmmm !).
Et pour terminer, une fois rangé le matériel, les derniers attardés, vont se retrouver serrés les uns contre les autres sous les barnums récemment achetés par l'Association... Excès d'affection ? Regret de devoir nous séparer ?... Non, non, non, simplement un bel orage qui viendra nous arroser copieusement. Clément avait dû oublier de mettre un cierge à l'église du Buis avant de prendre la route ce matin !
Merci aux meneur et organisateurs et à l'année prochaine !
G. Langlois. 

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