Chamouse par Somecure

Date :  05/06/2014 Difficulté :  Modérée
Accompagnateur :  C. Ricard
Coordonnées UTM :
Participants :  34 Départ : 31T 0701770 4905088
Longueur : 15,2 km Pique Nique :
Dénivelée : 905 m Autres :
Carte IGN TOP 25 n° :  3239 OT
Position par rapport à Buis-les-Baronnies : 25 km O

 

Commentaires techniques :

Se garer dans le village de Somecure puis prendre plein sud le long du ravin de Chantaour sur un chemin forestier que l'on quitte au niveau de la Bergerie de La Trappe pour monter par un sentier jusqu'au col de La Trappe (1112 m). Là, changement de cap pour prendre NE sur 150 m puis plein O en longeant l'Ubac de Somecure puis celui de la Prune en direction du col d'Izon.

A partir du col d'Izon, suivre la falaise plein O jusqu'au point coté 1525 m puis jusqu'à la borne de la Montagne de Chamouse cotée 1532 m.

Là, commencer la descente direction NNO ; au point 31T 0704621 4905089, obliquer NO en direction du cabanon de Laugier. Ensuite, la descente se poursuit sur un sentier plein S pour rejoindre un chemin forestier que l'on suit pour rejoindre Somecure à vue.

G. Soubrier

Compte-rendu :

Chamouse. Chamouse, c'est, pour Randouvèze, un mot, un lieu magique chargé de sens, d'histoire et parfois, pour certains, de nostalgie. Rares sont les années au cours desquelles une sortie n'a pas été organisée avec ce magnifique site comme objectif.

La cabane Laugier fut et demeure, pour beaucoup de groupes de randonneurs, un endroit où il fait bon prévoir une pause après une longue montée.
Pour Randouvèze, c'est aussi un coin qui fut souvent choisi pour célébrer divers événements. Là-haut, tous les anciens de notre groupe ne peuvent s'empêcher d'avoir une pensée pour Annie Bernard qui, des années durant, a assuré le balisage de cette randonnée.

Plusieurs voies d'accès sont possibles et aujourd'hui, Claude a choisi de nous faire redécouvrir Chamouse au départ du hameau de Somecure. La partie basse de la randonnée s'effectue sans encombre et vers 1100 m d'altitude, nous commençons à découvrir des paysages fantastiques devant lesquels même les plus blasés ne peuvent manquer de s'extasier. L'un d'entre-nous qualifie même cette sortie comme étant le top de la randonnée dans les Baronnies, avec une vue panoramique à 360°, dans un cadre d'alpages hyper-fleuris.

Nous n'étions pas les seuls, en ce jeudi, à avoir choisi Chamouse comme but de notre sortie puisque nous y avons rencontré deux autres groupes, le premier venant de Montélimar et le second de Carpentras. L'une des randonneuses de ce dernier groupe avait même entre ses mains la copie de la page de notre site en date du 23/05/13 rendant compte de la sortie intitulée « Col de la Trappe - Chamouse » et qui a tenu à nous dire tout l'intérêt qu'elle portait aux informations mentionnées sur notre site et à la qualité des comptes-rendus rédigés par notre scribe habituel.

La pause fut la bienvenue même si une heure de marche était encore nécessaire pour atteindre le sommet à 1531 m d'altitude mais quel spectacle !
Le retour nous a permis de retrouver la cabane Laugier où une courte pause s'est imposée. Puis ce fut le retour vers Somecure où nous attendaient nos véhicules.
Merci à Claude pour cette belle sortie encadrée de main de maître !

G. Soubrier

S'il est un endroit qui fait vibrer le cœur des Randouvéziens, c'est bien celui de « Chamouse ». Malgré ce nom à la sonorité un peu dure, combien de randonneurs sont-ils tombés amoureux de ce lieu devenu mythique au sein de notre association ! Nous aurons donc, en ce matin lumineux, 34 marcheurs pour entreprendre une nouvelle fois l'ascension, au départ de Somecure. Image bucolique de carte postale : une biquette au milieu de la ruelle centrale du village nous accueille en regardant, interrogative, la procession de véhicules que nous allons essayer de ranger en bon ordre pour ne pas troubler la vie des habitants... Somecure, hameau dépendant de Montauban sur Ouvèze, est resté à l'écart des voies de communication principales car ses habitants refusèrent, sous Napoléon III, de contribuer à la construction des routes, dont celle du Col de Perty qui fut ouverte par le travail des paysans locaux.
Commence alors la procession, menée par Claude, pour rendre hommage à cette belle montagne qui aura revêtu, pour la circonstance, sa robe printanière « Liberty », peut-être un clin d'œil aux libérateurs de la France en 1944, en ces journées de commémoration. Chamouse se mérite, la dénivelée annoncée est de 800 mètres (mais, au moins, elle est accessible, à la différence de la Belle Angèle, interdite aux randonneurs). Parqués dans leur enclos, deux beaux ânes braient à notre passage : ils nous ont reconnus et doivent envier notre liberté, mais savent-ils quels efforts nous aurons à déployer pour atteindre le but fixé ? Le chemin longe le ravin de Chantaour, la pente est déjà sévère pour un échauffement mais le cœur y est. Le Col de la Trappe (1110 mètres) sera l'occasion d'une pause énergétique avec sucreries en abondance... car les choses vont se corser encore un peu. A partir de là, par l'Ubac de Somecure, nous entrons dans le décor si caractéristique de Chamouse. Ici, ce ne sont pas les chemins en sous-bois qui nous mènent au sommet, bien au contraire, ce sont des pistes et sentiers dégagés, au milieu de belles prairies, qui permettent d'avoir une vue sur les sommets environnants. Du poteau du Clos de Pitoye, le Rocher de Mévouillon à nul autre pareil se distingue par sa masse carrée : le château-fort qui y avait été érigé (détruit en 1684 sur ordre de Louis XIV, comme beaucoup d'autres citadelles) faisait partie de la ligne de défense du territoire des Baronnies avec, notamment, la Tour du Riable à Lachau et d'autres fortifications qui constituaient un réseau de communication à vue très efficace.
La piste est d'autant plus agréable que le temps n'est pas trop chaud, aussi, chacun à son rythme profite du paysage. La végétation a déjà changé et, si ce ne sont pas encore les fleurs les plus rares à cette altitude, la flore des montagnes est bien identifiable. De nombreuses empreintes d'ammonites, témoignages de la présence de la Mer de Téthys, bien marquées, sur le sentier, font le bonheur des amateurs de fossiles qui marquent l'arrêt. Quelle richesse ! Au fur et à mesure de la progression, nous serpentons parmi les arbustes et les conifères, jusqu'à atteindre le Col d'Izon (1343 mètres) où des marcheurs de Carpentras se sont accordé une pause à l'ombre. Le temps d'échanger les civilités d'usage avec nos collègues tout aussi désolés que nous de voir le poteau directionnel saccagé par quelques vandales (une fois de plus), il faut reprendre l'ascension par un sentier plus étroit et abrupt qui s'ouvre bientôt sur la vaste prairie et qui nous mènera vers le sommet. Nous sommes en surplomb de la Forêt de Chamouse et des villages qui se trouvent dans la vallée.
L'effort à fournir est réel, mais le spectacle en vaut la peine. Le vent un peu frais empêche la surchauffe. Sur fond de roche blanche, avec l'herbe maigre qui s'agite, la pente garnie de fleurs jaunes et mauves, offre à qui veut bien s'y attarder une toile à la manière impressionniste... La multitude de taches composent une oeuvre naturelle dont le talent des photographes vous dira bien mieux la beauté. ... Et pour en profiter à notre aise, notre guide, Claude, nous invite à poser nos sacs pour le pique-nique, au ras du sol, à l'abri de la bise. Tradition oblige, rien ne manque pour satisfaire nos estomacs qui commençaient à faire sentir un peu d'impatience... Dans un cadre comme celui-ci, Claude (l'autre) eut la délicate attention de nous faire déguster une « potion » au thym dont le parfum prenant et le goût corsé fit l'unanimité et remit sur leurs jambes les marcheurs pour l'ascension finale. Sur les pentes de cette montagne de Chamouse, on venait autrefois cueillir les plantes médicinales qui constituaient la pharmacopée des gens du pays : Claude a dû en garder certains secrets.
Le départ se fait en ordre dispersé, nous longeons le sommet de la paroi où des failles se sont creusées avec le temps. Les petites silhouettes évoluent, de loin en loin : les plus vaillants sont au sommet alors que d'autres prennent le temps de bien profiter des perspectives qu'offre Chamouse vers ses voisines. Nous retrouvons là-haut le groupe de Carpentrassiens croisés ce matin et qui nous ont devancé au moment du repas : il semble que les effluves du breuvage de Claude leur aient chatouillé les narines car ils l'attendent gobelet à la main ! La solidarité entre randonneurs ne sera pas un vain mot. Du haut de la montagne (1532 mètres), malgré le manque de soleil, la vue est superbe sur la vaste vallée et les montagnes voisines, jusqu'au Ventoux, d'où l'on peut se rendre compte du travail de la nature au fil des temps géologiques. Il n'est vraisemblablement aucune autre vue aussi large, couvrant un tel espace, au sein des Baronnies, donnant une idée un peu globale de la géographie du territoire. Sur l'autre versant, c'est une perspective sur la Montagne d'Herc en premier plan et bien au-delà sur le Dévoluy encore enneigé. Tout en bas, se niche le village de Laborel où, le 14 Juin 1871, tomba une météorite observée par de nombreux témoins qui fut retrouvée en 1894 par un géologue.
Des fleurs encore, innombrables et variées, minuscules souvent compte-tenu du climat montagnard, forment un vaste tapis sur lequel les herbes folles jouent avec le vent. L'on s'extasie ou l'on cherche un nom : les énumérer ne rendrait pas compte de l'agrément du paysage et chacun retrouvera dans l'herbier de Jean la plupart de ces espèces. Dans la descente, les gentianes jaunes (Gentiana lutea), espèce réputée en voie de disparition, aux feuilles énormes à côté de ces « fleurettes », occupent la prairie. Nous ne trouverons pas la fritillaire du Dauphiné, qui pousse pourtant ici en quantité relativement importante, et qu'il faut protéger : sans doute est-elle déjà défleurie. Par contre, quelques tulipes sauvages se cachent sous les buissons et les myosotis à petites fleurs bleues, sont abondants et semblent nous dire, sur le chemin du retour, « ne m'oubliez-pas » !... Il n'y a aucun risque car la traditionnelle randonnée de printemps est très demandée par les Randouvéziens dont les liens avec Chamouse sont quasiment historiques. Un peu plus bas, en effet, nous ferons une pause au cabanon Laugier, restauré grâce à la volonté de la co-fondatrice de l'Association, Annie Bernard, qui avait pour ce lieu un attachement très marqué.
Nous ne sommes pas les seuls car bientôt arrive sur nos talons un autre groupe de randonneurs auquel nous cèderons la place afin qu'il profite également de la sérénité de cet espace... Le retour vers Somecure se précise, au carrefour de chemins vers le Col de Perty, tout proche, nous allons reprendre la piste qui, tantôt en sous-bois, tantôt à découvert, nous mènera au petit village toujours aussi endormi sous le soleil de l'après-midi... La petite route qui nous ramène vers le hameau de Bons longe l'Ouvéze naissante, qui pourtant peut être violente et mortelle à cet endroit car elle y est alimentée par plusieurs torrents dont l'abondance en période pluvieuse devient dangereuse.
Mais c'est la perspective d'un bon rafraîchissement au Buis, pour clore la journée, qui va occuper nos esprits... Il y a des plaisirs simples comme une gorgée de bière !!!... avec modération. Merci à notre guide, Claude, expert ès Baronnies, dont la connaissance de ses montagnes nous aura aidés à bien profiter de cette randonnée.
Gérard Langlois.

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