Aurel - Le Ventouret

 

Date : 04/12/2014
Difficulté :  Modérée
Accompagnateur :  J. Mouillade
Coordonnées UTM :
Participants : 32
Départ : 31T 0694210 4888983
Longueur : 14,6 km Pique Nique :
Dénivelée : 700 m Autres :
Carte IGN TOP 25 n° :  3140 ET / 3240 OT
Position par rapport à Buis-les-Baronnies : 32 km SE

 

Commentaires techniques :

 Néant.

Compte-rendu :

Le Pays de Sault recèle bien des charmes. Il est sans aucun doute plus connu comme le pays de la lavande et ses couleurs de l'été sont l'occasion de clichés somptueux. Le village d'Aurel d'où nous allons partir sous la conduite du duo formé pour la circonstance par Jacques et son associée Bernadette aurait mérité une meilleure lumière que cette matinée grise et pluvieuse. Mais, une fois de plus, en cet automne tristounet, les Randouveziens ne manqueront pas le rendez-vous fixé. Nous serons une bonne trentaine, encapuchonnés comme des pèlerins sur le chemin de Compostelle et, pour certains, équipés de parapluies, à entreprendre cette « rand'eau » sur un territoire qui ne manque pas d'intérêt, loin s'en faut.
C'est ici, véritablement, un pays de frontières. Aurel, commune du Plateau d'Albion, se trouve sur un territoire où s'embrassent deux départements, le Vaucluse où nous nous trouvons et la Drôme. Et si notre balade avait été programmée en 1792, nous aurions été dans les Basses-Alpes !... Mais pourquoi voudrais-tu que nous ne soyons qu'en 1792 ? A quelques kilomètres de là, nous repassons dans la Drôme (provençale, néanmoins) pour rejoindre Montbrun... Les amateurs auront remarqué les falaises qui bordent la route encaissée venant de Montbrun que nous avons empruntée à l'aller : il s'agit d'un fossé d'effondrement tectonique dont la nature géologique complexe est particulièrement remarquable sur cet itinéraire. Nous sommes au pied du Mont-Ventoux qui se prolonge vers la Montagne de Lure qui en est la petite soeur... C'est d'Aurel que partirent dès 1783 les premières excursions touristiques vers le sommet du Géant de Provence, organisées par l'Abbé Constantin, curé du village... Assez de considérations géographiques, marchons !
Nous traversons le village désert à cette heure encore matinale pour prendre la direction du Hameau du Ventouret. Les perspectives sur les montagnes alentours sont malheureusement un peu bouchées. Quelques centaines de mètres de macadam nous conduirons sur le sentier un peu glissant qui, après avoir quitté le GR91 C, descend vers la route de Montbrun. L'épais tapis d'aiguilles de pins est confortable, mais gare à la descente ! Nous traversons la départementale au poteau de Rabaste (676 mètres) pour emprunter aussitôt le sentier botanique au bord d'un ruisseau abondant qui affleure le chemin et chante sa bonne humeur. C'est un sentier bien balisé. Les curieux s'arrêteront pour se renseigner sur les essences végétales de ce territoire où cohabitent plantes méditerranéennes et espèces préalpines : nous venons de le voir, c'est ici un pays de transition. L'ascension nous conduira jusqu'à une piste où la pause habituelle s'avère utile pour enlever une couche ou davantage.
Quelques dizaines de mètres plus loin, un espace herbeux aménagé pour les pique-niques réserve aux amateurs de champignons une belle surprise : des grisets bien fermes et frais, en abondance ! Inutile de vous décrire la scène en détail, c'est un grand classique de Randouveze ! Qui à quatre pattes, qui à genoux, pourquoi pas les fesses en l'air, nous voilà en train de faire provision pour une délicieuse assiette... Mais l'intermède a assez duré, reprenons cette piste où stagnent les flaques d'eau jusqu'au poteau marquant le départ de la montée vers le Jas de Reilhanette. Nos guides donnent alors aux plus pressés l'autorisation de monter à leur allure cette belle pente qui, partant de 765 mètres, culmine à 1105 mètres. Une belle dénivelée en perspective ! Etienne, en superforme après ses escapades estivales, grimpe comme un métronome. Nous suivons aussi bien que nous le pouvons, la sagesse étant de ne pas se « mettre dans le rouge ». Bravo à tous pour une jolie performance collective ! Bien entendu, nous n'oublierons pas de regarder autour de nous car ce sentier qui surplombe en partie la Combe de Braquet est très sympathique. Certains accros ont même pu y cueillir encore quelques champignons : cela semble surprendre Marjorie, notre sympathique collègue britannique, qui trouve que c'est un drôle de sport typiquement français.
Tout cela aiguise les papilles et les estomacs sonnent le creux, ne serait-il pas raisonnable de trouver un bel endroit (au sec si possible) pour une pause méritée ? Clément qui connaît chaque centimètre carré des Baronnies, du Ventoux, d'Albion et d'ailleurs a la truffe en émoi pour nous trouver ce lieu de repos. Finalement nous ferons encore quelques petits kilomètres pour parvenir à la Chapelle Notre-Dame des Anges (1020 mètres), au Hameau du Ventouret, objectif de la balade. Un auvent y a été aménagé par la commune d'Aurel pour accueillir une vingtaine de convives : nous nous serrons autant qu'il se peut mais il faudra pour certains se poser à même le sol humide. Francis, jamais à court d'idées, s'est improvisé un abri avec son parapluie assorti à son beau béret vert ; c'est du plus bel effet. Boissons reconstituantes et douceurs nous remettent en forme... Allons-y pour la dernière partie de notre périple.
Notre-Dame des Anges dont la belle restauration intervint il y a une dizaine d'années n'aura droit qu'à un rapide coup d'œil de la troupe quand nous repassons devant elle. Nous sommes sur le versant sud-est du Mont-Ventoux dont nous avons eu l'occasion d'explorer le massif forestier du Ventouret lors de sorties précédentes, notamment à partir du Col des Abeilles. C'est une descente régulière qui s'amorce maintenant vers le village d'Aurel dont nous apercevrons assez rapidement la silhouette au loin. Notre itinéraire, pour partie en forêt, longera bientôt de vastes étendues consacrées à la culture de la lavande qui est ici une ressource importante et contribue à l'image touristique du Pays de Sault. Entretemps, la rencontre avec des chasseurs dépeçant la carcasse sanglante d'une bête attire la curiosité de quelques uns. Les autres en profitent plus simplement pour faire la cueillette de branches de gui en perspective des décors de Noël. Nous poursuivons par La Lauze puis Saint-Pierre (751 mètres). Le soleil n'a toujours pas daigné nous honorer d'un bref rayon mais il ne pleut pas, ne soyons donc pas trop exigeants. Nous sommes maintenant au pied du village dont nous allons franchir ce qu'il reste de remparts après une ultime grimpette.
Aurel, village perché typique de la Provence, est élégante sur son promontoire. Le point de vue que l'on peut maintenant en avoir nous fait découvrir son riche patrimoine : les vestiges du château des Comtes de Sault (la Famille d'Agoult) et l'église Sainte-Aurèle, tous deux du XIIème siècle. Ce village eut, comme beaucoup d'autre dans cette région, à souffrir des guerres de religion au XVIème siècle avec la lutte qui opposa les troupes de la Ligue (catholiques) du Comte de Sault et celles du Capitaine de La Tour du Pin-Gouvernet qui commandait les Protestants. La peste y fit aussi des ravages importants en 1630.
Le village est aussi calme qu'à notre arrivée ce matin. Ne troublons pas cette ambiance et rejoignons nos voitures devant la mairie avant de nous esquiver sans bruit, non sans avoir remercié Jacques et Bernadette de cette sortie agréable... et souhaité un bon appétit aux amateurs de champignons. Pour les Buxois, le point final aura lieu Place du Quinconce comme il se doit. Et si nous prenions rendez-vous avec nos amies de Ferrassières, Reine et Jacquotte, nos fées de la confiture, pour une nouvelle visite au moment de la floraison des lavandes ?


G. Langlois

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