Brantes / Savoillan

 

Date : 13/11/2014 Difficulté : Modérée
Accompagnateur :  G. Langlois
Coordonnées UTM :  
Participants :  41 Départ : 31T0686548 4896110
Longueur : 15,4 km Pique Nique :  
Dénivelée : 730 m Autres :  
Carte IGN TOP 25 n° : 3140 ET
Position par rapport à Buis-les-Baronnies :  17 km SSE

 

Commentaires techniques :

 Néant.

 Compte-rendu :

 L'automne est morose et humide, pourtant ce matin-là le soleil est bien présent. Dame Météo nous a prévu une petite fenêtre pour ce Jeudi et 41 Randouveziens s'y sont précipités, sans risque de chute, rassurez-vous ! Il est vrai que le programme est plus léger que la dernière sortie sur les pentes du Ventoux qui semble avoir laissé quelques traces sur les fesses de certains. Nous entamons la période des randonnées plus tranquilles avant l'hiver car les journées sont plus courtes et les corps ont besoin de repos. Et bien nous allons nous balader gentiment en prenant le temps de profiter des lumières d'automne qui éclairent les feuillages roux, brillants de rosée.
Brantes sera le point de départ pour une boucle classique. Le village est encore à l'ombre au moment où nous démarrons mais quelques centaines de mètres suffiront pour rejoindre les pentes ensoleillées du Rocher du Charles. Le hasard d'une programmation parfois difficile à élaborer nous emmène pour la deuxième fois en quelques semaines sur ce sentier agréable et de difficulté modérée. Avant d'entamer l'ascension du Charles, un petit arrêt comme il se doit afin de pouvoir ôter quelques couches superflues... ou bien, pour ceux qui le souhaitent, faire une petite dévotion à Saint-Gens ou Saint-Joseph qui partagent un oratoire au bord de la route du Col de Fontaube. Nous bénéficierons au cours de l'ascension de vues superbes sur ce village aux airs de carte postale, avec le Mont Ventoux en toile de fond, profitons-en. C'est, d'ailleurs, une situation originale dont bénéficie Brantes, accessible par la Vallée du Toulourenc, pour les Vauclusiens, ou par le Col de Fontaube, pour les Drômois. Nous sommes ici à la frontière du Ventoux et des Baronnies, tout un symbole pour Randouveze qui réunit les uns et les autres en parfaite entente (êtes-vous bien d'accord ?) sur ce territoire privilégié que nous aimons à partager.
Le parcours qui emprunte le GR 91C sera sans histoire, c'est le plaisir des yeux tout simplement. La Montagne de Geine bientôt apparaît au sommet de la pente, première barrière qui nous sépare des montagnes baronniennes majeures. Nous en découvrons la face la plus escarpée et le point culminant à 1267 mètres. La végétation riche en feuillus en bas de la pente a laissé la place à des variétés plus méditerranéennes où dominent buis et cades. Le sentier lui-même, fait de ces pierres à angles vifs si caractéristiques de nos montagnes, est plus difficile. Un nouvel arrêt pour admirer le Ventoux dont la longue épine dorsale se déroule, blanche, pour rejoindre plus loin à l'Est la Montagne de Lure. Au-dessous, les combes du versant Nord se découpent en arêtes d'un vert profond. Puis très vite s'amorce la descente, alors que Savoillan se dessine au loin, au milieu de verts pâturages sur lesquels flotte une légère brume.
Au moment de rejoindre la route de Fontaube, aux Imberts, les derniers mètres de cette descente s'avèrent un peu glissants et peu praticables, mais il n'y faudra qu'un peu de temps pour que chacun franchisse l'obstacle, sans dommages. Quelques hectomètres d'un petit sentier qui nous mène au Hameau de la Gendronne et, passé le pont sur le Toulourenc aujourd'hui abondant, c'est le village de Savoillan qui nous accueille une fois de plus en quelques semaines. Ce village qui fut autrefois comme Brantes une terre papale aux frontières du Dauphiné tire son nom du patronyme d'un colon romain, Sabuleius, qui avait ici une « villa » (« ferme » en latin) dans les vestiges de laquelle ont notamment été retrouvés des outils, des fragments de métal et des bagues qui laissent à penser qu'il était orfèvre. Il n'est pas encore l'heure du pique-nique, quel dommage car certains auraient apprécié de déjeuner près de la fontaine où coule une eau bien fraîche. Tiens donc, la petite boulangerie traditionnelle est ouverte à cette heure-ci, une aubaine pour les gourmands amateurs de bon pain ! Reprenons donc notre périple, traversant le vieux village, par les ruelles en calade rendues glissantes par l'humidité ambiante. Prudence !... Aïe, deux marcheurs en feront les frais !
Un petit bout de route bitumée avant de reprendre au lieu-dit Les Masselles un sentier qui nous remontera sur la piste forestière d'où partent de nombreux chemins qui serpentent sur la face Nord du Ventoux. Les estomacs vont commencer à se manifester et il serait peut-être avisé de trouver où poser nos sacs et nos individus... Ce sera bientôt chose faite au milieu d'une clairière où les rayons du soleil parviennent à nous atteindre. Est-il besoin de préciser que les desserts douceurs habituels seront nombreux !
La reprise ne sera pas trop difficile car la piste que nous emprunterons jusqu'au Hameau de La Frache n'est plus très éloignée : quelques dizaines de mètres à parcourir et nous y sommes. Ce sera maintenant de la promenade sur cette voie sans difficulté qui épouse les premières pentes du Ventoux sans vraiment les attaquer en un faux-plat tantôt montant, tantôt descendant d'où le regard peut se régaler des couleurs de l'automne qui habillent les rondeurs du Collet Pellat et du Piè de Juin dominant le Toulourenc. Un arrêt prolongé au poteau de Lestellier pour faire le point est l'occasion pour nos routards expérimentés d'envisager des variantes plus musclées lors de prochaines sorties. Ce secteur souvent exploré recèle, en effet, des possibilités innombrables pour peu que l'on veuille attaquer les sentiers vers le sommet du Ventoux. Un peu plus loin, ces mêmes routards sont tout prêts d'avoir la larme à l'œil en évoquant le brame du cerf dont nous abordons le territoire : des pancartes appellent le randonneur à la discrétion pour ne pas déranger ces impressionnants quadrupèdes dans leurs jeux amoureux.
Une fois passée la maison forestière, nous retrouverons bientôt les premières maisons du Hameau de La Frache et, de là, une vue superbe sur Brantes ensoleillé dont les vieilles pierres se confondent avec la montagne. Ainsi rejoindrons-nous au bas de la petite route le sentier botanique où il fait bon se balader. Bien évidemment le pont de pierre, dit « Pont Romain » et qui est en réalité du XIIIème siècle, n'est pas le moindre des attraits de ce petit chemin qui, après avoir franchi la route départementale va nous ramener vers le village. Chacun, à son gré, fera les quelques haltes qui s'imposent pour profiter de ce village, depuis le petit cimetière qui entoure la chapelle Saint-Jean-Baptiste (datant vraisemblablement du XIIème siècle) en contrebas, jusqu'à l'une des portes supérieures qui en gardent l'entrée, en cheminant par les ruelles en calades. Brantes revit aujourd'hui grâce au tourisme, notamment. Progressivement restauré, il compte seulement un peu moins de cent habitants alors qu'il en avait près de 480 au milieu du XIXème siècle.
Ce sera le terme de cette balade d'automne que le soleil aura accompagnée jusqu'au bout et, comme il se doit, de retour au Buis, la conclusion joyeuse interviendra sur l'une des terrasses favorites des Randouveziens.

G. Langlois.

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