Tour de la Montagne de Geine

 

Date : 09/10/14
Difficulté : Modérée
Accompagnateur : G. Biojoux
Coordonnées UTM :
Participants : 26
Départ : 31T 0689818 4894528 
Longueur : 21,3 km Pique Nique :
Dénivelée : 1040 m Autres :
Carte IGN TOP 25 n° :  3240 OT & 3140 ET
Position par rapport à Buis-les-Baronnies : 21 km SE

 

Commentaires techniques :

Départ sur le parking de Savoillan, sortir de village azimut N. Traverser la D 40 aller au carrefour de la D 41, prendre à l'Est sur 600 m, au point précis (31T 0690504 4894940) prendre à gauche, vous êtes sur le GR 91 C, le suivre puis au point (31T 0690963 4895526) quitter le GR, prendre un large sentier caillouteux , azimut moyen 13° aller jusqu'à la ferme de "La Gabelle".
Là, prendre azimut moyen 305°, pour attendre le col de "Geine", retrouver le GR 91, poursuivre sur le GR 91 pour arriver au croisement du GR 9 et du GR 91, prendre à gauche en descente, la partie commune : GR 9 & GR 91 , poursuivre jusqu'au point (31T 0686764 4896353), vous êtes de nouveau sur la D 41 (au dessus du village de Brantes), prendre azimut Est, GR 91 C, pour retrouver le point de départ.
C. Malbois

Compte-rendu :

D'une vallée à l'autre, les Baronnies nous offrent une variété de paysages et d'occasions de randonner incomparables. De l'Eygues à l'Ennuye, de l'Ouvèze au Toulourenc... C'est dans cette dernière vallée, qui forme « frontière » entre les Baronnies et le Ventoux, que nous invite Gérard à prendre le départ, et plus précisément dans le village de Savoillan(s), lui-même situé en Vaucluse et limitrophe de la Drôme. C'est un village tranquille, à l'écart de la route, où les prairies ont remplacé vigne et olivier : ce n'est pas la Normandie mais on y rencontre les quelques rares bovins de ce coin de Provence. Blotti au pied du Mont-Ventoux, c'est un dédale de ruelles en calade où l'on trouve quelques belles maisons. L'approche en est sévère avec ces grandes bâtisses dont les habitants avaient réservé le dernier étage, aéré par des petites ouvertures carrées, pour l'élevage de vers à soie.
Franchissons le petit pont de pierre qui enjambe le torrent et d'où l'on découvre la Ferme Saint-Agricol, ancien Couvent des Ursulines abandonné à la Révolution. Le cours d'eau, peu fourni aujourd'hui, a un débit très irrégulier voire fantasque... D'où l'origine, contestée, du nom « Toulourenc » (« toul ou renc », c'est-à-dire « tout ou rien »). Ce sont donc 23 Randouveziens (non, 26 avec les derniers arrivants !) qui vont se diriger vers la Montagne de Geine... Que dites-vous, ce n'est pas Eugène qui mène aujourd'hui ?... Je le sais bien, je vous ai dit que c'était Gérard !... Quelques centaines de mètres de bitume, un sentier humide de rosée brillant au soleil en bordure des cultures, encore un peu de bitume avant de parvenir au lieu-dit Briançon (532 mètres) où commence la piste qui contourne la montagne.
Dans ce tout petit hameau, des traces d'habitat ancien furent retrouvées, témoignant d'une occupation gallo-romaine. Et tout à côté, au Chastéléras, il y aurait eu un château dont plus aucune trace ne subsiste, ni sur le terrain ni dans les archives !!!... Passons donc (un bon gros patou nous dit bonjour) et intéressons nous à cette montagne inaccessible dont nous allons faire le tour, car il n'y a aucun sentier pour parvenir au sommet (1267 mètres) : il paraît que notre grand Bernard, à qui rien n'est impossible, a dû y renoncer. Quelle vue imprenable aurions nous eue sur les crêtes du Ventoux dont elle a la même orientation, étant issue du mouvement pyrénéo-alpin qui fit émerger le Géant de Provence... Dominée par la Crête de Malancon, la piste que nous empruntons permet d'embrasser la Montagne de Banne, belle et majestueuse baronnienne à notre droite. Un coup d'œil vers l'arrière, pour les moins pressés, laisse apercevoir la Chapelle Saint-Pierre, au Hameau de Vergol, noyée dans la sombre forêt de chênes aux confins de Montbrun.
La Gabelle, hameau de quelques feux, offre calme et tranquillité à ses habitants de passage. Qui saurait nous dire pourquoi ce nom en un lieu plutôt retiré comme celui-ci ? Y-entreposait-on le sel ? Etait-ce l'habitation d'un percepteur du roi ? Etait-ce un lieu de passage habituel entre la Vallée du Toulourenc et les villages plus haut perchés ? La piste caillouteuse n'est pas des plus commodes. Elle traverse bientôt une zone boisée où se côtoient feuillus et épineux, car c'est ici un territoire de transition, avant de rejoindre la petite route menant au Col de Geine, en passant par L'Aramond. Les prairies ont remplacé la forêt. C'est ici que nous rejoignons le GR 91 venant de la Montagne de Banne, omniprésente, maintenant toute proche. Les mûres sont à point pour les gourmands. Il est vrai que l'heure de la pause approche. Encore quelques centaines de mètres de pistes, jusqu'au poteau des Toures, et la descente va s'amorcer en direction d'Aiguières. La pente ravinée par les eaux, où les troupeaux sont habitués à paître tout l'été, n'est pas très confortable, aussi avant d'aller plus loin posons nos sacs, sortons nos biasses et buvons un peu. Face au Ventoux dont les pentes sont maintenant enveloppées de grisaille, il est bon de prendre un moment de repos... car il reste du chemin à faire !
La descente vers Aiguières se fera donc à bonne allure, jusqu'à la route du col qui permet de rejoindre le village. Ce hameau de Plaisians ainsi nommé car l'eau y coule en abondance nous permet de reconstituer, à la fontaine bien fraîche, les réserves d'eau qui seront nécessaires pour aller au bout. Au sortir du hameau, on remarquera que les balisages (GR et PR) ne correspondent plus à rien en raison d'un bouleversement du terrain par un particulier qui a réalisé des fondations là où passait le sentier. Nous irons donc récupérer l'itinéraire un peu plus loin au Col d'Aiguières... Plus loin, à l'endroit où aboutissait habituellement le sentier rendu inaccessible, c'est une tranchée qui a été creusée au milieu du passage pour y dévier un ruisseau ! Les randonneurs, paisibles adorateurs de la nature, seraient-ils indésirables à Aiguières ? Sans aucun doute, Randouvèze aura à négocier avec les élus locaux le respect des droits des usagers des sentiers balisés.

Tournons vite cette page et dirigeons nous vers la piste qui mène à la ferme de Comment et, traversant la belle et large vallée où coule le ruisseau de Sénaris, nous mènera au village de Brantes, après une montée caillouteuse. Le petit sentier botanique permet déjà d'apercevoir le haut du village qui face au Ventoux, aux confins de Drôme et Vaucluse, offre de superbes échappées sur le Toulourenc. Saint-Gens nous y accueille au bord de la route du Col de Fontaube. Comme dans beaucoup de villages de Provence et, plus encore du Vaucluse, ce saint est vénéré et souvent invoqué pour faire venir la pluie... Aujourd'hui, il n'en est point besoin. La visite de Brantes n'est pas au programme, nous y reviendrons bientôt, c'est promis !
Le Rocher du Charles qu'emprunte le GR 91 s'ouvre maintenant devant nous, l'ascension nous procure à nouveau une occasion de dépenser des calories. Il s'agit d'une falaise de calcaire jurassique, surplombant les deux routes, quasiment parallèles de la vallée du Toulourence et du col de Fontaube, formant une barrière entre la Montagne de Geine et les pentes du Ventoux. Chaque arrêt permet, au fur et à mesure que nous prenons de la hauteur, d'apprécier le spectacle majestueux, là où Baronnies et Ventoux s'associent... Un rayon de soleil eût été apprécié, mais ne soyons pas trop exigeants. En crête (nous sommes à 800 mètres d'altitude), la végétation méditerranéenne domine sur le sol caillouteux: buis, cades, chênes verts. Dés le début de la descente vers Savoillans, le clocher apparaît, encore lointain, en direction de Reilhanette et Montbrun. Il y aurait bien un peu de fatigue !
Les descentes ne sont jamais l'exercice le plus apprécié des randonneurs et celle-ci ne déroge pas à la règle, tout en ne présentant pas de difficultés majeures... Il suffit de prendre son temps. Il n'y aura que le retour sur le bitume qui sera un peu délicat : peu importe la méthode, chacun y arrivera. Nous sommes maintenant aux Imberts, encore deux kilomètres, une petite côte à effacer dans le sous-bois, un sentier en dévers où un peu de prudence s'impose aux marcheurs... Et nous y sommes, le Hameau de La Gendronne, le petit pont sur le Toulourenc, le bistrot de pays, la boulangerie aux pains délicieux, la fontaine, les joueurs de boules... et les voitures !
22 kilomètres et une dénivelée de 1000 mètres, une jolie performance pour cette belle journée. Encore une « randonnée-plaisir » (marque déposée par Randouvèze qui en a la recette) dont il faut remercier Gérard qui nous a guidés avec son savoir-faire habituel autour de la Montagne de Geine... Il aura fait mentir cette malheureuse expression : « où y'a de la gêne, y'a pas de plaisir ».

G. Langlois.

 

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