Haut Var - Col de la Cayolle

 

Compte-rendu :

La fin du mois de juin arrive, les jours les plus longs aussi, c'est cette époque là qui est choisie (du 22 au 27 juin 2014) pour effectuer une sortie d'une petite semaine hors de nos Baronnies habituelles . Cette fois ci ce sera dans les Alpes Maritimes, aux sources du Var, et en partie dans le Parc National du Mercantour.
Nous serons 13 randouvéziens à faire cette sortie.
Cette année le séjour est écourté pour que l'on n'empiète pas sur deux week-end consécutifs. Ce sera du Dimanche au Vendredi suivant soit quatre jours de randonnée sans interruption, les randonnées choisie seront de «facile» (relativement !) à Alpine (carrément !).
Nous sommes hébergés au Prieuré, camping avec des appartements spacieux et qui, de plus, propose des demi-pensions. Le lieu est au plus proche des parcours repérés et l'accueil est chaleureux.
Le dimanche après-midi est consacré à faire la route, à s'installer, prendre nos repères et se préparer au lendemain, premier jour de montagne ; la rando choisie par la troupe doit être une mise en jambes : l'accompagnateur a choisi un périple de 10 km et 500 m de dénivelée au départ du « Col de la Cayolle », bien connu des cyclistes, entre Barcelonnette (04) et Guillaumes (06).
Lundi matin, petit déjeuner 7h30 pour le départ prévu vers 9h00 au parking du col. Le ciel est limpide, les participants ont des fourmis dans les jambes. Nous montons vers le col en voiture par la route sinueuse, où nous croiserons plusieurs lièvres, marmottes et écureuils, bon augure pour la suite.
Pour une fois la trace démarre en pente douce, longe un petit étang d'altitude qui se dégèle à peine, le soleil est déjà sorti et nous réchauffe gentiment. Les fleurs épanouies nous enchantent, les photographes, surtout Jacques, s'en donnent à cœur joie. La pente maintenant s'accentue, nous sommes au flanc de la crête de « Tête de Crépine », le sentier est magnifique, nous fait dominer la vallée du haut Var où celui-ci prend sa source quelques 800 m plus bas. Ensuite nous passerons le « Col du Lausson » avec, pour l'atteindre, un passage pentu en direct pour éviter le premier névé digne de ce nom. A cet endroit nous sommes au dessus du lac d'Allos, un des plus grands lacs naturels des Alpes du Sud : petit arrêt admiration et récupération, nous sommes à plus de 2600 m d'altitude. Nous cheminons maintenant sur le plateau du Lausson, direction Nord et les lacs des Garrets et celui du Lac de la petite Cayolle. Ceux-ci sont encore en partie gelés et nous offrent des points de vue magnifiques. Petit arrêt pique nique, au sec entre deux névés. Nous avons en ligne de mire le « Col de la petite Cayolle », où se trouve la partie sportive du périple qui va remettre en place les idées reçues sur la randonnée en moyenne montagne et les connaissances des accompagnateurs !
Tout de suite après le col, subsiste un gros névé, en forte pente, qui occupe toute la partie nord du cône d'éboulis, c'est la partie technique de cette mise en jambes. Les randonneurs du groupe ne sont pas habitués à cet exercice et les accompagnateurs rarement confrontés à cette situation. Continuer ? Renoncer ? Où est le bon compromis sécuritaire ?
Après consultation des uns et des autres nous allons continuer avec toutes les précautions d'usage. Nous avons cordes, piolets, mousquetons, sangles etc...
Le président et les BFS vont tailler des marches, installer une main courante et sécuriser le mauvais passage, puis accompagner un par un les randonneurs, pour leur permettre de passer ce satané névé. Cette opération va nous occuper un bon moment, appréhension pour les uns, stress pour les autres. Enfin tout se passe bien, ce sera un très très bon souvenir !
Ensuite prairie, relaxation, retour au point de départ (fourbus mais contents), retour au Prieuré, douche, apéro, repos, dodo !
Belle mise en jambes, demain sera un autre jour.
Mardi matin, le ciel est encore tout bleu, malgré la baisse de la pression atmosphérique. C'est le moment d'attaquer la rando dite Alpine, une promenade de 14 km en aller retour, au départ du gîte qui va nous faire gravir la « Cime de l'Aspre » à 2471 m d'altitude, soit près de 1400 m de dénivelée. Tout notre petit monde fera le même parcours, mais à son rythme et stoppera quand bon lui semblera, la randonnée doit rester un plaisir et non la galère !
Tout commence par une bonne grimpette, par un sentier taillé au bulldozer pour que les engins à chenille puissent aller jusqu'à la chapelle saint Jacques au dessus d'une barre rocheuse qui surplombe notre hébergement. Au delà de la chapelle, toujours en montée sévère, un long passage dans une forêt de mélèzes, centenaires sûrement tellement ils sont élevés, pour arriver au « Collet de l'Aigle » et à un bâtiment d'altitude (certainement une ancienne bergerie). Ensuite, on monte toujours pour atteindre la cime de Chamousillon, après un passage délicat à travers une série de torrents qui ont ravinés des marnes impressionnantes. Où se tracer la bonne route est compliqué... Enfin voilà les pâturages d'alpages et les petits chalets de bergers uniquement habités aux périodes d'estive. Certains d'entre nous se pauseront là, les autres poursuivront jusqu'au « Pas de la Trotte » 2119 m d'altitude et son magnifique cairn. Ici, encore terminus pour deux ou trois. Enfin, six costauds iront au sommet par un sentier en crête magnifique, pour arriver à l'ancien observatoire de la « Cime de l'Aspre », à 2471 m.
Ceux qui se sont arrêtés avant ont suivi leur progression aux jumelles, les téléphones ont sonné pour les félicitations d'usage !
Puis c'est le retour dans la vallée pour tout le monde. Vite, l'orage est en route, il faut rentrer avant de le prendre sur le dos !
Ce soir au gîte, nous arrosons, un peu à l'avance, l'anniversaire de notre doyenne qui à plus de 80 ans a gravi la cime de l'Aspre, bravo Virginie !
Ce soir encore, douche, repas (copieux) repos, dodo!
Demain est autre jour.
Mercredi matin, le temps est maussade, ciel gris, petite pluie fine, que faire ?
Visite d'Entrevaux, cité fortifiée par l'incontournable Vauban. Ici, dans la vallée, le soleil brille et il fait chaud. Nous en profitons pour jouer les touristes et nous reposer un peu. Le pique nique du jour se fera au prieuré, sur la terrasse d'un de nos gîtes ; puis l'après midi, il faut bien sortir ! Nous irons au « Col des Champs », faire un circuit découverte très bien documenté sur les bornes frontières. La flore et le pastoralisme en montagne, deux heures de promenade, là aussi avec de très beaux paysages sous un ciel de traîne. La journée est passée, ressentie comme une journée de repos !
Demain est un autre jour, déjà trois jours de passés !
Jeudi matin, le ciel est encore incertain, mais la randonnée choisie est au sud de Guillaumes, sur la rive droite du Var, dans et au dessus des fameuses gorges rouges de « Daluis ».
Là, un tout autre environnement : fini l'alpage, les névés et les crêtes, fini le vert et le noir, nous sommes dans le rouge des roches chargées d'oxyde de fer, dans un canyon impressionnant, creusé par le Var durant des millénaires et qui va faire notre bonheur !
Nous partons du « Pont de Cante », montons dans les bois de résineux. Nous sommes vraiment dans la nature méditerranéenne, mais teintée de rouge : dépaysement total par rapport aux deux jours précédents. Les côtes et les descentes s'enchaînent, les point de vue remarquables se suivent, la documentation et le balisage sont parfaits, le ciel encore beau mais lourd, pas de bon augure pour l'après midi.
Le pique nique durera un peu plus longtemps, dans un bois de pins abrité, entre ombre et soleil. Puis, par manque d'attention de l'accompagnateur, nous redémarrons dans la mauvaise direction !
Heureusement les GPS sont là ainsi que les cartes, et les randonneurs attentifs. Nous rebrousserons chemin après 2 km, mais ce sera un bien pour un mal, car ce jour là aussi la pluie nous a rattrapé, capes, parapluies sortent des sacs à dos. Nous rentrerons aux voitures trempés, mais qu'importe ce fut une nouvelle belle randonnée.
Dernière soirée au gîte, dernier diner pris en commun, nettoyage des appartements, dernier apéro, demain est un autre jour. L'itinéraire du retour au Buis nous attend dans nos maisons respectives. La saison est finie, mais ce petit séjour aux sources du Var aura été, je pense, malgré une météo capricieuse, une réussite et matière à souvenirs.
Vive Randouvèze pour continuer à nous faire vivre d'autres moments de bonheur et de convivialité.
C. Malbois

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